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Essai Bigster : la plus chère des Dacia, le meilleur des SUV abordables ?

C’est l’une des voitures les plus attendues de l’année. Après la Sandero et le Duster, le Bigster va-t-il devenir la nouvelle success story de la marque « pas chère » de Renault ? Voici le test du nouveau SUV grand format de Dacia.

Peut-on convaincre un conducteur d’une Mercedes GLA de changer pour une Dacia ? C’est tout le pari de la marque d’entrée de gamme de Renault qui s’aventure, pour la première fois, sur le segment doré des C-SUV. L’idée du constructeur roumain est simple : convaincre les potentiels acheteurs qu’il est possible d’avoir une voiture équipée convenablement et performante tout en économisant 10 000 euros. Cette promesse est-elle surfaite et de quel compromis parle-t-on au juste ? C’est à cette question que nous avons souhaité répondre en prenant le volant du Dacia Bigster, le grand SUV « pas cher » qui veut chambouler le marché.

Design : un Duster XXL ? Et alors ?

Dacia se moque bien qu’on résume son Bigster à une version élargie de son SUV compact, le Duster. Après tout, le Jogger partage au moins autant de points communs avec le Sandero Stepway, ce qui n’a pas empêché les consommateurs de le plébisciter. C’est donc un fait, le Bigster s’appuie en grande partie sur la structure et la plateforme du Duster, à laquelle il ajoute quelques centimètres en hauteur et en longueur. Avec ses 4,57 m de long et ses 1,71 m de haut, il en impose, mais sans dénaturer l’esprit du Duster, bien au contraire puisqu’il reprend ses préceptes à la lettre.

Dacia Bigster Côté
© La ressemblance avec le Duster est évidente – Dimitri Charitsis – 01net.com

Pour le reste, on retrouve des lignes déjà connues et évocatrices de l’ambiance outdoor que le constructeur recherche avec son large logo, les passages de roues affirmés, des plastiques noirs assumés et une absence totale de fioritures. Reprendre une recette à succès pour la proposer à une clientèle plus huppée ne peut se faire sans quelques ajustements.

Dacia Bigster Dynamique
© Vue arrière du Dacia Bigster

Une montée en gamme qui se joue à l’intérieur

Dacia sait bien qu’un client habitué au segment C s’attend à un minimum de confort et de qualité lorsqu’il se penche sur le cas d’une voiture. Dès lors, le défi pour le constructeur a été de déterminer quels étaient les critères indispensables pour jouer dans la cour des grands sans pour autant trahir la recette qui a fait le succès de la marque, c’est-à-dire une fabrication robuste, un habitacle pratique et durable et l’absence d’équipements jugés superflus.

Dacia Bigster Intérieur
© L’habitacle du Bigster – Dacia

C’est évidemment quand on monte à bord qu’on s’aperçoit le plus de cette recette.

Premier constat : on a énormément de place, y compris sur les places arrières et même le coffre (qui offre un volume de charge record pour le segment avec un maximum de 701 L : quand on vous dit que Dacia pense pratique…). L’impression d’espace est aussi renforcée par la présence d’un toit panoramique (de série), une option que les propriétaires du Duster espéraient depuis longtemps.

Dacia Bigster Toit Panoramique
© Le toit panoramique fait son effet dans une Dacia.

La marque va aussi à l’essentiel en termes d’équipement : on ne fait pas dans le bling-bling et, même si les motifs sont travaillés, on reste sur des plastiques durs et finalement une qualité perçue assez basique. Seule coquetterie : le système YouClip développé en interne qui permet, via un système d’accroche, d’installer à bord divers petits accessoires plus ou moins utiles (porte-gobelet, éclairage d’appoint, chargeur additionnel, etc.). D’ailleurs, le constructeur a même organisé un concours à destination des jeunes designers pour imaginer davantage d’accessoires compatibles YouClip.

Il n’y a pas davantage de paillettes du côté des écrans. Le Bigster en compte deux, de 10 pouces. Le premier est dédié au conducteur et affiche les informations essentielles à la conduite, quand le second permet de contrôler la partie média. Mais ce qui frappe, c’est à quel point Dacia son OS basique à souhait. N’espérez pas trouver ici un espace pour entrer vos identifiants Netflix ou encore programmer un massage. Tout au plus, vous aurez la possibilité d’entrer un itinéraire dans la partie navigation gérée par Here. Fort heureusement (pour la navigation et pour l’ambiance à bord), il est possible de passer par Apple CarPlay ou Android Auto pour donner un peu de couleur et de fonctionnalités à cet écran et… pour bénéficier d’un meilleur système de navigation.

Dacia Bigster Youclip
© Un YouClip situé dans le coffre.

Alors, est-on toujours sur de l’entrée de gamme ? Non, et trois détails permettent de s’en rendre compte. Des détails qui, selon Dacia, compteraient pour les clients habituels du segment C :

  • Les sièges chauffants
  • Siège conducteur réglable électriquement
  • Hayon motorisé

C’est avec ce cocktail assez subtil entre son offre traditionnelle et quelques équipements plus recherchés que Dacia a imaginé son Bigster, mais cette recette s’applique-t-elle à la conduite ?

Sur la route : une nouvelle motorisation qui fait des étincelles

Habitué à hériter des miettes de Renault, cette fois Dacia a eu droit à une première : un nouveau moteur Full hybrid qui est inauguré sur le Bigster et qui devrait se retrouver dans bien d’autres modèles, y compris chez le Losange. Cette version Hybrid 155 est probablement la plus intéressante du catalogue et celle qui devrait être majoritaire dans les ventes du constructeur. C’est donc celle que nous avons choisi de tester.

Nous sommes ici sur de l’hybridation totale, à la manière de Toyota. Il n’y a donc pas besoin de recharger la petite batterie de 1,2 kWh, puisque le moteur s’en occupe et que cette dernière le seconde ou le remplace lorsque c’est nécessaire, notamment en ville.

Dacia Bigster Roulant
© Le Bigster sur la route

Et cela se ressent, y compris au niveau sonore. Le calme du moteur électrique s’impose naturellement en milieu urbain. Il souligne au passage les efforts de Dacia en matière de filtration des bruits extérieurs. Ceux-ci reviennent à moteur que l’on monte dans les tours. L’Hybrid 155 se fait alors entendre, mais sa présence n’est pas nuisible.

Pour le reste, nous sommes plutôt sur une voiture typée confort qui n’encouragera pas à une conduite dynamique, mais qui reste plaisante. Ce n’est évidemment pas sur sa sportivité que le Bigster compte pour convaincre les foules, mais sur d’autres arguments plus rationnels à l’image de la consommation.

Dacia Bigster Franchissement
©

Sur ce point, le Bigster fait des merveilles, surtout compte tenu de son poids et de son gabarit. Sur nos deux boucles d’essai, nous avons obtenu une consommation moyenne de 4.6 L/100 km. Cette consommation est même descendue de quelques dixièmes lorsque nous avons choisi d’exploiter au maximum le mode « B » du véhicule, celui qui optimise la récupération d’énergie sur les phases de décélération. Sur cet exercice, nous avons réussi à réduire notre consommation à 4,4 L/100 km et il nous semble même possible d’approcher des 4 L sur une conduite purement urbaine.

Conso Dacia Bigster
© Notre consommation en Bigster.

Dans tous les cas, le Bigster s’assure un excellent score en matière de consommation. Il fait partie des véhicules les plus efficients de sa catégorie, ce qui devrait se traduire par quelques économies supplémentaires.

Bigster : la Dacia à 30 000 euros ?

Depuis l’officialisation du Bigster, une partie des commentaires se concentre sur son prix. 30 000 euros pour une Dacia, est-ce vraiment sérieux ? Afin d’aider à y voir plus clair, il convient déjà de préciser que toutes les versions du grand SUV de Dacia n’atteignent pas ce niveau de tarification. Dans ses niveaux de finition « Essential » et « Expression », le prix du Bigster oscille entre 24 990 euros (pour la motorisation mild hybrid 140) à 29 700 euros pour notre version d’essai Hybrid 155. Entre les deux, on retrouvera également une micro-hybridation GPL et une autre à quatre roues motrices.

Dacia Bigster
© Le Bigster devrait faire beaucoup de bruit dans le segment C.

Ce sont donc les finitions « Extreme » et « « Journey » qui approchent et parfois dépassent la barre des 30 000 euros, jusqu’à 31 700 euros pour la motorisation Hybrid 155. Après avoir essayé ce Bigster et compte tenu de son niveau d’équipement, il nous a semblé que ce positionnement était finalement assez cohérent et, même, que le grand SUV de Dacia n’avait pas vraiment de concurrent sérieux face à lui. Globalement, des véhicules aussi grands et avec un niveau d’équipement similaire ou à peine meilleur (hormis le point spécifique de l’OS) se vendent environ 10 000 euros de plus.

Verdict du test :

En plus de qualités évidentes de conception et d’habitabilité, le Bigster nous a surpris par sa consommation maîtrisée. La promesse de Dacia de faire des économies lors de l’achat se prolonge donc après grâce à un moteur Hybrid 155 peu gourmand et efficace en toute circonstance. Cette approche rationnelle de la voiture, qui a fait le succès de Dacia ces dernières années, est au cœur de ce Bigster malgré la montée en gamme nécessaire pour exister dans le segment C. Sur le papier, ce nouveau SUV de Dacia fait tout pour s’imposer. Mais est-ce que ce sera suffisant pour un public habitué à davantage de confort et d’attention ? Pas certain, mais quelque chose nous dit qu’une économie de 10 000 euros ou plus peut faire pencher la balance et encore donner raison à Dacia.

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Dimitri Charitsis